Identities of Ambivalence: Judith Thompson’s Perfect Pie

Marlene Moser

Abstract


This paper examines Judith Thompson’s Perfect Pie, using Judith Butler’s discussion of subjectivity in The Psychic Life of Power. According to Butler, stability as a subject necessitates a simultaneous recognition and denial of subjugation to power, but this stability is also constantly threatened by desire which promises to destabilize the subject. Desire is therefore thwarted in order to guarantee the subject’s existence. As Butler points out, the process of subject formation resembles melancholia: the subject is never fully able to disengage from the discursive and psychic means by which it is constituted.

Thompson, in both the script and in her directorial choices in the Tarragon 2000 production of Perfect Pie, writes large the subordination of the subject and also demonstrates its links to binary oppositions. Thompson highlights the excessive nature of the subject by foregrounding the binary oppositions which govern the psychic and social worlds and by then confounding them, demonstrating the Derridean notion of the trace of the other within the self. In her destabilizing of these binaries, and in her orchestration of narrative, Thompson emphasizes identity as a site of ambivalence in which binaries are relinquished and difference accommodated.

Résumé

Moser examine la pièce Perfect Pie de Judith Thompson à l’aide de la notion de subjectivité qu’expose Judith Butler dans The Psychic Life of Power. Selon Butler, la stabilité en tant que sujet exige à la fois une reconnaissance de sa soumission au pouvoir et un refus de ce mouvement. Or, cette stabilité est constamment menacée par un désir qui risque de déstabiliser le sujet, et ce désir doit être contré afin de garantir l’existence du sujet. Comme le constate Butler, le processus de formation du sujet ressemble à la mélancolie : le sujet ne peut jamais se détacher entièrement des moyens discursifs et psychiques à l’aide desquels il a été constitué.

Dans les choix qu’elle a fait au moment de l’écriture et de la mise en scène de Perfect Pie au Tarragon en 2000, Thompson illustre la subordination du sujet et montre son rapport aux oppositions binaires. Elle souligne la nature excessive du sujet en plaçant au premier plan les oppositions binaires qui gouvernent les mondes psychiques et sociaux et en les confondant par la suite, illustrant la notion derridienne de la trace de l’Autre en soi. En déstabilisant ces éléments, et en orchestrant ainsi son récit, Thompson montre en quoi l’identité peut être le lieu d’une ambivalence où l’on abandonne les oppositions binaires et où l’on cherche à s’adapter à la différence.

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